Les  applications  beauté, la planche de salut des beautystas pour décrypter les formules cosmétiques

Exit les avis consommateurs, les Youtubeuses, les Instagrameuses maintenant place aux Yuka, Quel Cosmetic, INCI Beauty, Pharmapocket, CosmeEthics et  CleanBeauty devenues les influenceuses d’aujourd’hui. Celles qui décryptent et notent les compositions des produits cosmétiques, devenues très populaires Outre-Atlantique, arrivent en force sur nos smartphones avec un boom de leur utilisation qui se chiffre en millions de téléchargements.  

Elles permettent d’apporter un éclairage sur l’innocuité des composants en décodant les ingrédients indésirables figurant en langage INCI abréviation pour Nomenclature Internationale des Ingrédients Cosmétiques - peu accessible au commun des mortels, secret de fabrication oblige !  
Ces applications répondent à la demande de transparence des utilisateurs, échaudés par les scandales sanitaires. C’est donc dans un climat de défiance que les consommateurs ont trouvé dans ces applications la solution pratique et facile pour faire face à des industriels parfois peu scrupuleux, d’abord sur l’aspect alimentaire puis maintenant dans le secteur de la beauté.  
Nous vous aidons à comprendre les différences entre ces plateformes, comment les produits sont notés et quelles sont les limites de leur analyse parfois imprécise.  
 

Les applications qui secouent l’industrie de la beauté et du soin cosmétique 

La célèbre application Yuka, celle qui a scanné les codes barre de nos aliments, s’attaque aux cosmétiques  

Déjà très connue et très utilisée dans le domaine alimentaire, elle a élargi en juin 2018 son application au champ cosmétique. Yuka décrypte la liste des composants et affecte une note basée sur la présence d’ingrédients irritants, allergènes ou toxiques (perturbateurs endocriniens, cancérigènes, etc..). Les composants jugés à risque vous sont mentionnés justifiant ainsi la note globale.  Une note sur 100 est attribuée à chaque produit avec un code couleur allant du vert au rouge pour évaluer le risque.  

La très sérieuse association UFC-Que Choisir lance à son tour son application beauté et soins 

L'application « Quelcosmetic », lancée en mars 2018 par UFC-Que Choisir, déchiffre aussi pour vous le contenu de vos cosmétiques. Elle affecte une appréciation sur le risque potentiel de toxicité des ingrédients allant du vert signifiant « qu’aucun risque n’a été identifié à ce jour » au rouge pour « l’existence d’un risque significatif ». Dans cette application, la toxicité potentielle des ingrédients est analysée en distinguant chaque type de population : les bébés, les adolescents (3 à 16 ans), les femmes enceintes et les adultes. La présence d’allergènes est aussi indiquée.  

Une méthodologie légèrement différente pour l’application Clean Beauty  

Cette plateforme a la particularité d’analyser, à partir d’une photo de la liste des ingrédients, la composition de vos soins cosmétiques sur la base d’un « dictionnaire des ingrédients » et vous alerte ainsi sur la présence de perturbateurs endocriniens, d’agents irritants… sur la base d’informations scientifiquement documentés. Petite astuce, si vous souhaitez avoir l’avis de Clean Beauty avant d’acheter le soin si vous n’avez pas acheté le soin qui vous fait envie et souhaitez d’abord avoir l’avis de Clean Beauty, vous pouvez (si vous la trouvez) photographier la liste des ingrédients sur le web. Attention au cadrage, un texte annexe pourrait fausser les conclusions rendues.  

D’autres, moins connues, existent… comme CosmeEthics, la doyenne des applications créée en 2016En plus d’une version gratuite, elle propose une version payante qui vous donne accès aux tests de recherche par exemple.  
INCI Beauty, quant à elle, est une plateforme communautaire avec partage d’avis et précise que ses évaluations d’ingrédients sont réalisées par des chimistes. Elle se distingue aussi par la prise en compte dans sa notation de l’impact sur l’environnement.  

Comment choisir l’application beauté la plus fiable ?  

Dans tous les cas, ces plateformes vous permettront d’éclairer vos choix face à un linéaire de produits de beauté. Quelle que soit l’application utilisée, le résultat est à peu près le même et ce sont les petits plus de chacune mentionnés ci-avant qui vont essentiellement faire la différence donc le choix vous revient.  
Photo de la liste des ingrédients ou lecture de code barre, vous aurez in fine le choix. Dans le premier cas, vous aurez une réponse sur la base de la liste INCI que vous avez photographiée. Dans le second cas, vous aurez une réponse basée sur le code barre donc pour peu que le fabricant change sa formule INCI, il lui faudra penser à mettre à jour aussitôt sa nouvelle liste INCI dans les applications de décryptage pour que la lecture du code barre puisse refléter la nouvelle composition. La différence entre les deux est potentiellement un décalage de mise à jour en cas de changement de formule. 

Si vous ne trouvez pas votre cosmétique préféré dans la liste par votre application, n’hésitez pas à le soumettre. Chaque application a une procédure spécifique et ainsi analysera pour vous le contenu. Vous permettrez à tout le monde d’accéder aux résultats puisque ce test sera archivé sur la plateforme.  

Des évaluationqui diffèrent dans le décodage des étiquettes cosmétiques

Ingrédients incriminés : une liste qui fait débat 

L’idée d’applications qui décryptent pour nous les compositions cosmétiques est bonne. Reste à comprendre comment chaque algorithme repère et signale les ingrédients indésirables. Capables de reconnaitre certains composants, ils ne sont pas en mesure d’apprécier une formule dans sa globalité. Certaines pointeront la présence de silicones quand d’autres relèveront l’utilisation de parfum ou encore d’huiles essentielles.  

Abordons le cas des huiles essentielles qui est le parfait exemple d’un fonctionnement qui manque de précision. La  notation des cosmétiques contenant des huiles essentielles est souvent dégradée...pourquoi  ? La raison est simple  : l’application réagit négativement en présence d’allergènes  quelle qu’en soit l’origine  ! Or la présence  d’allergènes  naturels  n’est pas forcément un signe négatif. Les huiles essentielles,  aux vertus  attestées,  renferment des allergènes obligatoirement  mentionnés  en fin de  liste  INCI  au-delà d’un certain pourcentage  pour informer les personnes  potentiellement  allergiques.  Ça n’est déconseillé qu’aux personnes allergiques ! 

A ce jour, le  règlement  cosmétique européen, qui est soit dit en passant le plus strict au monde, est un cadre sécuritaire qui impose déjà une concentration maximale.  C’est l’art du formulateur de maitriser leur bon dosage pour l’efficacité de vos produits en respectant les limites imposées par la réglementation. La mise sur le marché d’un produit cosmétique impose au préalable la réalisation de tests d’irritation oculaire et cutanés et leur validation par un toxicologue. 
 

Une source d’informations qui poussent les industriels à revoir leur copie 

Les applications beauté, malgré leurs limites, sont une aide appréciée par de nombreux consommateurs et à raison puisque celles-ci ont poussé beaucoup d’industriels à revoir les formulations de leurs cosmétiques en les rendant plus « propres ». Peu ont franchi le pas de rendre publique la liste de leurs ingrédients. 

En tant que fabricant peu conventionnel, nous vous donnons la liste de tous nos ingrédients sur notre site web, il vous suffira de cliquer sur le produit qui vous intéresse, à sa droite vous aurez la possibilité d’afficher sa composition. En bonus, nous vous offrons les clés de  déchiffrage d’une formule dans notre  article  “comment déchiffrer la composition des cosmétiques”.  

 

En attendant, on vous laisse découvrir  les  notes  et appréciations  de nos produits de soins sur ces différentes applications  ou sur notre site internet. À vos portables !