Protéger votre peau et l’écosystème marin, comment faire ?

La pollution des océans et des fonds marins ne cesse de s’aggraver, leur protection devient un enjeu environnemental majeur. Les chiffres publiés par l’association Greenpeace donnent le vertige. Chaque minute, l’équivalent d’un camion poubelle rempli de plastique est déversé dans nos précieux océans, mais ce n’est pas l’unique cause de cette pollution marine. Les produits solaires sont aussi un péril écologique pour l’écosystème marin. En effet, selon l’association Green Cross France, chaque année près de 25 000 tonnes d’actifs chimiques issus de crèmes solaires sont déversées dans les océans dont près du quart serait absorbé par les coraux et microalgues et entrainerait leur mort en moins de 48 heures ! Alors cet été, comment chacun et chacune de nous pourrait, à sa petite échelle, préserver cet écosystème marin qui nous est si cher ? on a rassemblé pour vous quelques conseils ou gestes simples à adopter si vous voulez participer vous aussi à faire changer la donne.

Quid des produits solaires écologiques ?

Il n’est pas question de délaisser la protection de votre peau au profit des océans et vice-versa…  Il n’existe pas encore de crème solaire 100% écologique, mais certaines ont un effet limité et moins néfaste sur l’écosystème marin. Mais alors que faut-il savoir au préalable pour choisir une crème solaire qui soit à la fois protectrice de la peau et respectueuse de l’environnement ?  
Pour cela, il faut déjà comprendre la nature du filtre anti UV composant votre crème solaire. Il en existe deux, les filtres chimiques et les filtres minéraux. Les deux filtres peuvent être présents dans les cosmétiques solaires sous forme de nanomatériaux, c’est-à-dire selon le règlement cosmétique, un matériau fabriqué intentionnellement, aux molécules infiniment petites, inférieures à 100nm. Les nanomatériaux sont insolubles dans l’eau et se retrouvent donc dispersés dans nos mers. En cas de présence de nanomatériaux dans le produit, le fabricant est tenu de faire figurer la mention [nano] accolée au nom de la substance figurant dans la liste des ingrédients affichée sur l'emballage.

Les filtres chimiques sont composés de molécules organiques qui pénètrent dans l’épiderme en une vingtaine de minutes après application et sont alors capables d’absorber les rayons UV. Selon une étude publiée par l'Agence pour la Recherche et la Valorisation Marines (ARVAM), c’est aussi au bout de 20 minutes de baignade que le ¼ de la crème solaire, aussi résistante soit-elle à l’eau, est perdue et diluée dans l’eau de mer. Or, les molécules et composants de cette crème solaire ont un effet destructeur sur les algues et en particulier sur la zooxanthelle, une algue nécessaire au développement des coraux. Il en résulte un blanchiment de ces coraux et de ce fait leur disparition.

On vous rappelle qu’il faut vous éloigner des produits solaires contenant l’octocrylène, un filtre chimique, présent pour absorber les rayons UVB mais qui au bout de quelques mois se transforme dans le flacon en une substance soupçonnée cancérigène et perturbateur endocrinien.  L'octocrylène est aussi néfaste pour nos coraux. Les îles Vierges américaines et la république des îles Marshall l'ont interdit dans les produits de protection solaire.

Les filtres minéraux, quant à eux, laissent à la surface de la peau un film blanc qui va réfléchir les rayons UV. Ces rayons ne pénètrent donc pas dans l’épiderme, mais vous assurent une protection efficace et immédiate. Les filtres minéraux, que sont l’oxyde de zinc ou le dioxyde de titane, ont un impact beaucoup moins néfaste sur l’écosystème marin à condition qu’ils ne soient pas sous forme nanoparticulaire. Veillez donc à sélectionner des crèmes solaires minérales référencées par « Zinc Oxide » ou « Titanium Dioxide » dans la liste INCI sans la présence de nanoparticules indiqué obligatoirement par cette mention [nano].

Si vous souhaitez allier protection de votre peau et des océans, privilégiez donc les crèmes solaires minérales aux crèmes solaires chimiques. Il est certain que les crèmes à filtres minéraux peuvent laisser un film un peu blanc pas très esthétique plus ou moins fort selon la marque choisie, mais c’est la contrepartie pour la protection des océans.

Cependant, certaines crèmes solaires peuvent renfermer les deux types de filtres. La liste des filtres solaires chimiques est trop longue pour vous les mentionner afin de les reconnaître sur les listes INCI de la crème solaire, demandez donc plutôt conseil à votre conseillère beauté ou renseignez-vous sur les sites web des marques concernées afin d’en savoir plus sur leur composition. Le label Cosmebio vous garantit l’absence de filtres solaires chimiques.

Cerise sur le gâteau, les filtres minéraux, s’ils ne sont pas sous forme nanoparticulaire, ne sont pas allergènes, contrairement aux filtres chimiques qui présentent cet inconvénient majeur. En effet, l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane généralement présents dans les crèmes minérales sont très peu irritants pour la peau, raison pour laquelle ils sont d’ailleurs souvent utilisés dans les produits destinés aux enfants. Ils sont recommandés pour les peaux sensibles et réactives voire même les peaux allergiques au soleil !

Il n’existe pas de crème solaire protectrice écologique et 100% efficace, voilà pourquoi nous vous conseillerons toujours de porter un chapeau et d’éviter autant que possible l’exposition solaire entre 11h et 16h.

Limiter l'impact de vos loisirs nautiques

Vous savez à présent comment limiter votre impact écologique en utilisant les bons produits solaires, voyons comment continuer sur cette belle lancée à travers vos loisirs… Direction la Méditerranée et ses paysages somptueux qui abritent une faune et une flore très diversifiées. 

Vous serez peut-être tenté(e)s de faire un tour en bateau afin de profiter des après-midis ensoleillés qu’offre la Méditerranée... Mais attention à ne pas jeter l’ancre n’importe où ! L’ancrage des bateaux est malheureusement dévastateur pour les fonds marins notamment pour les Posidonies, plantes à fleurs sous-marines. L’herbier de Posidonie est l’écosystème le plus important de la Méditerranée et joue un rôle fondamental pour la conservation de la biodiversité marine. En effet, elle abrite de très nombreuses espèces de poissons, a une fonction barrière qui limite l’érosion des côtes et libère une grande quantité d’oxygène (20 litres d'oxygène par jour pour chaque m² d'herbier). Vous l’aurez compris, cette plante est primordiale à la survie de notre écosystème marin, mais elle est aussi particulièrement sensible. Or, une ancre de bateau, selon sa taille, peut détruire 6 à 34 posidonies à chaque passage ! Cette plante est de ce fait en grand danger d’extinction alors-même qu’elle est d’une importance vitale… Si vous naviguez dans des criques et des calanques interdites aux bateaux, passez votre chemin, la nature vous en sera reconnaissante ! Si vous souhaitez néanmoins jeter l’ancre, optez alors pour une zone de mouillage selon la couleur du fond marin, cela vous permettra de privilégier les zones sableuses reconnaissables, car plus claires. Si vous avez malencontreusement jeté l’ancre dans une zone d’herbiers de posidonie, vous pouvez limiter les dégâts en relevant l'ancre à l'aplomb du bateau ce qui limitera l’impact dévastateur de l’ancre sur les plantes.

Les gestes simples à adopter toute l’année

Voilà deux bonnes habitudes simples à prendre pour protéger les océans. 

Évitez de boire de l’eau en bouteille

Le taux de recyclage des bouteilles plastiques n’étant que de 25%, la majorité se retrouve dans la nature et finit souvent dans nos océans… La meilleure alternative est donc de privilégier l’utilisation d’une gourde en inox.

Cela permettrait ainsi de réduire l’empreinte écologique liée aux bouteilles plastiques qui se retrouvent dans la nature et qui nécessitent 450 ans pour se dégrader naturellement.

De plus, ces gourdes isothermes vont vous permettre de maintenir la fraîcheur de votre eau en moyenne 24h ou de vos boissons chaudes 12h ! Elles assurent ainsi un confort qui n’est pas nécessairement garanti par des bouteilles en plastique.

Ne jetez pas les mégots dans la mer

« Les vieilles habitudes ont la vie dure ». Cette expression n’en est que plus véridique quand il s’agit des mégots de cigarettes… Nombreux sont les fumeurs à avoir pris l’habitude de jeter leurs mégots par terre. Les composants de ces mégots vont alors pouvoir passer dans les eaux de ruissellement et polluer les sources souterraines.  Plus que les sacs plastiques, ce sont les mégots de cigarettes qui polluent le plus les océans. Privilégiez donc les poubelles anti-feu mises à disposition pour jeter vos mégots, au risque de polluer 500 litres d’eau pour un mégot. En prenant cet automatisme, vous éviterez en plus les feux accidentels l’été et les ravages qu’ils provoquent sur nos belles forêts.

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter un très bel été. Profitez-en bien pour vous recharger de cette belle énergie que nous offrent nos mers et notre soleil, cette brillante étoile si précieuse à la vie !